Le passage PC vers Mac — ce que j'attendais, ce qui m'a surpris, ce que j'ai raté
Sauf que Windows a toujours eu les mêmes défauts. Des freezes intempestifs. Des ralentissements sans raison apparente. Une fluidité qui n'a jamais vraiment été là, peu importe la machine. J'ai appris à vivre avec, comme on vit avec une vieille blessure — on sait qu'elle est là, on s'y est habitué, on fait sans.
Le premier Mac — la déception à la hauteur des attentes
Un jour, plus jeune, j'ai quand même sauté le pas. Un MacBook Pro 13 pouces, Touch Bar. Magnifique objet. Je m'en souviens encore — l'emballage, le premier allumage, la sensation du clavier sous les doigts.
Et là, la déception.
Le clavier différent. Les raccourcis inversés. Les applications impossibles à désinstaller proprement — tu les glisses dans la corbeille et des résidus traînent partout. Les fonctionnalités cachées derrière des conventions que personne ne t'explique. Pour quelqu'un qui connaît Windows sur le bout des doigts, c'était l'enfer habillé en fluidité déconcertante.
Parce que oui — la fluidité était là. Indéniablement. Mais je n'arrivais pas à m'en satisfaire parce que tout le reste me résistait. L'écart entre les deux systèmes était monstrueusement grand pour moi. J'ai gardé ce Mac quelques mois, j'ai essayé encore et encore, et j'ai fini par racheter un PC. Retour à mes bidouilles d'informaticien.
Le détour par Linux
Le temps a passé. Je bossais dans une grande entreprise, entouré de centaines de collègues sous Windows sans exception. Un jour j'échange avec un développeur qui utilise Linux dans le cadre personnel — avec interface graphique, pas en ligne de commande pure. Il m'explique que toute la fluidité de macOS est là, sans les scories de Windows. Et qu'on peut l'installer sur son propre matériel.
Je teste sur un vieux PC HP qui traînait. Et honnêtement — avec un peu de bidouille, ça tournait beaucoup mieux que Windows. Beaucoup mieux. La différence était frappante sur une machine que j'avais à moitié abandonnée.
Le problème c'est que Linux reste un sacré merdier côté compatibilité des applications, et que le support matériel est très loin d'être irréprochable. Alors je m'installe dans un entre-deux : Linux à la maison, Windows au bureau. C'est bien. Mais il y a toujours un truc à faire, un truc qui bogue, quelque chose qui ne va pas tout à fait.
Ce que j'ai vu sur ce vieux HP m'a convaincu d'une chose : le problème n'a jamais été le matériel. C'est Windows qui plombe tout. Et si un jour la communauté Linux réussissait à produire une vraie distribution grand public — quelque chose qu'on pourrait installer sur n'importe quel ordinateur de la famille sans se battre avec les drivers et la compatibilité — ce serait une révolution silencieuse. J'adorerais voir ça. C'est un sujet sur lequel j'aurais beaucoup à dire, et on y reviendra dans une autre série.
Je n'avais pourtant toujours pas reconsidéré d'acheter un Mac.
La courbe qui n'existe plus
Jusqu'à l'annonce du Silicon, je pensais qu'il existait une espèce de courbe tripartite entre autonomie, puissance et chaleur. Tu voulais de la puissance ? Tu acceptais la chaleur et le bruit. Tu voulais de l'autonomie ? Tu sacrifiais les performances. C'était une loi immuable, gravée dans le silicium Intel depuis des années.
Et pour être précis sur ce que je veux dire par autonomie — pas uniquement la batterie. L'équipe complète. La machine qui tourne vraiment sans son câble, sans son bloc secteur de 500 grammes, sans son ventilateur. Parce qu'un PC puissant débranché, voilà ce qui se passe : la batterie tient trente minutes dans le meilleur des cas, tout ralentit pour compenser, et si tu essaies de le recharger avec une powerbank — bonne chance. L'embout qui permet la charge maximale est propriétaire, le bloc tire 250 watts, et une powerbank n'a aucune chance. La machine ne charge tout simplement pas. C'est le throttling dans toute sa splendeur.
L'annonce du M1 a fissuré cette certitude. J'ai regardé les tests avec attention, attendu les retours sur la durée, suivi les évolutions pour vérifier que ce n'était pas qu'un effet d'annonce. Et j'ai décidé de passer le pas — sur un MacBook Pro 14 pouces M1 Max cette fois, pas un 13 pouces Touch Bar.
La claque
Un chassis 14 pouces en aluminium magnifiquement usiné. Une puissance qui dépasse ce dont j'ai besoin, que ce soit sur batterie ou secteur. Aucun bruit. Aucune chaleur perceptible. Un écran ProMotion dont la fluidité fait mal aux yeux la première fois qu'on le voit — dans le bon sens. Une qualité sonore qui n'a rien à faire sur un ordinateur portable. Et une justesse d'exécution physique qui fait que tout est à sa place : des ports qui rechargent tous, mais un port dédié à la charge, un lecteur de carte SD, un MagSafe qui se reconnecte d'un geste.
Pour la première fois depuis des années, je n'ai jamais la crainte de ne plus avoir de batterie. Mon Mac part avec moi en voyage avec une petite batterie externe en poche — la même qui charge un téléphone. Ça marche. Depuis mon canapé, mon lit, le train, l'avion. À Paris, Chantilly, Cancun ou Bangkok. L'ordinateur est là, il est prêt, et il n'a pas besoin d'une prise murale pour exister.
Les surprises côté système sont venues aussi. La fenêtre côte à côte enfin gérée proprement — c'était un pas de géant pour moi qui venait de Windows. Le presse-papier existe, même si j'ai choisi de le remplacer par mieux. Le clavier — on s'y fait, disons ça comme ça.
Mais là où j'ai été complètement frappé, c'est l'ensemble. Pas une fonctionnalité isolée — l'ensemble. Tous les indicateurs au vert en même temps. C'est ça qui était nouveau.
La prochaine fois je vous parle de tout ce que j'ai essayé une fois dedans — et abandonné. Parce que même avec la bonne machine, il y a des erreurs à ne pas reproduire.
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