Pourquoi j'ai lancé Switchtech en parallèle de mon CDI
Je me suis lancé le jour de mon anniversaire de mes 29 ans. Pas par symbolique romantique — par contrainte. Je m'étais fixé une règle des années plus tôt : avoir lancé quelque chose à moi avant 30 ans. L'échéance arrivait. Il ne restait plus qu'à passer à l'acte.
Je te raconte ça parce que si tu lis cet article, il y a une bonne chance que tu sois exactement où j'étais il y a un an. Tu as les compétences techniques. Tu sais que tu pourrais le faire. Mais tu ne le fais pas. Et tu ne sais pas exactement pourquoi.
Voici ce que j'aurais voulu lire à ta place.
Le vrai blocage n'est pas technique
Quand on a un parcours terrain — pas grande école, pas réseau d'anciens — on développe un syndrome de l'imposteur particulier. Pas celui qui dit "je ne sais pas faire". Celui, beaucoup plus insidieux, qui dit "pas encore prêt".
Il te manque une certification. Tu n'as pas assez d'expérience sur tel domaine. Attends d'avoir fait ce projet complexe, et ensuite tu te lanceras. Cette voix-là, je l'ai écoutée pendant dix ans. Pendant que j'accumulais des certifications Azure, Fortinet, de l'expérience sur des infrastructures grands comptes — des compétences que 90% des PME n'ont pas en interne — je me disais encore que je n'étais pas prêt.
Plus on apprend par le terrain, plus on réalise l'étendue de ce qu'on ne sait pas encore. C'est précisément ce qui empêche de se lancer.
Le piège, c'est que cette logique est défendable. Chaque nouvelle compétence est réellement utile. Le problème, c'est qu'elle est sans fin. Il y aura toujours une techno de plus à maîtriser, une certification de plus à passer. Et pendant ce temps, tu construis de la valeur uniquement pour ton employeur.
D'où vient l'envie, vraiment
Pour comprendre ce qui m'a poussé, il faut remonter loin. Entre 8 et 12 ans, je passais des journées entières sur le Core 2 Duo que ma mère avait payé en plusieurs fois — 600 euros à l'époque, une vraie dépense pour notre famille. Mon objectif d'enfant, c'était de trouver les limites de cette machine. De savoir ce qu'elle était capable de faire.
C'est en cherchant, de fil en aiguille, que j'ai découvert qu'il existait autre chose que Windows. Que Linux était distribué sous des dizaines de formes. J'ai cassé des partitions, recommencé, découvert le dual boot, puis un jour la virtualisation — un OS dans un OS. Je l'ai trouvée seul, à dix ans, sur un forum quelque part sur internet.
Avant cela, mon oncle m'avait mis les mains dans les machines. On démontait des téléphones, des PSP, des Xbox première génération. On récupérait les données perdues des voisins. C'est lui qui m'a appris que comprendre comment quelque chose fonctionne, c'est la première étape pour le réparer — et donc pour en vivre.
Cette envie de construire mon propre truc, elle était là depuis ce moment-là. Vingt ans plus tard, je n'avais toujours pas franchi le pas.
La décision : se fixer une deadline
Voici ce qui a fait la différence pour moi, et qui peut faire la différence pour toi : se fixer une deadline non-négociable. Pas un objectif vague type "un jour je le ferai". Une date butoir.
La mienne, c'était avant 30 ans. J'ai annoncé mon lancement le jour de mes 29 ans. Je m'étais laissé un an de buffer — ce qui, rétrospectivement, est largement suffisant pour structurer une offre, monter un site, créer une boîte, et démarrer la prospection.
Sans deadline, j'aurais encore attendu. Avec, j'ai été obligé de me confronter aux décisions concrètes au lieu de continuer à les reporter.
Pourquoi je garde mon CDI
Là, je vais être très concret parce que c'est probablement la question qui te bloque aussi. Je lance Switchtech en parallèle d'un CDI. Pas par lâcheté. Par stratégie financière.
Mon objectif sur 12 mois c'est 20 clients à 1 000 € par mois — soit 240 000 € de chiffre d'affaires annuel. Quand j'écris ces lignes, j'ai zéro client. Sans CDI, je devrais accepter le premier prospect qui passe, à n'importe quel tarif, parce que mon loyer ne se paie pas avec des promesses.
Le CDI me donne trois choses précieuses : du temps pour construire l'offre proprement, la possibilité de refuser un mauvais client, et zéro stress sur les premières factures qui tardent à arriver. C'est ce qui me permet de tenir des prix cohérents avec mon expertise au lieu de brader.
Le moment où je quitterai mon CDI, c'est quand l'activité couvrira mon salaire actuel avec une marge de sécurité. Pas avant. Et c'est exactement ce que je conseille à n'importe qui dans ma situation.
Ce que je te conseille concrètement
Si tu envisages la même chose, voici les trois choses que je referais identiques :
Premièrement, fixe-toi une deadline. Pas une intention. Une date précise, dans 6 à 18 mois, où tu auras au minimum déposé ta structure et publié ton offre. Annonce-la à quelqu'un — ça crée de l'engagement.
Deuxièmement, démarre en parallèle. Le risque n'est pas dans le lancement, il est dans le timing financier. Tant que tu n'as pas validé que des gens paient pour ce que tu proposes, garder un revenu stable est un avantage stratégique, pas un manque de courage.
Troisièmement, arrête de te former. Tu as déjà assez de compétences. Le travail qui reste à faire, c'est commercial, juridique et opérationnel — pas technique. Toute heure passée à apprendre une techno de plus est une heure non passée à structurer ton offre, ton site, ta prospection. C'est la transition la plus difficile à faire mentalement, et c'est celle qui débloque tout.
Pour la suite
Cette série va documenter tout ce que je construis, semaine après semaine. Les outils, les décisions, les chiffres réels, les erreurs. L'idée c'est que tu n'aies pas à refaire les mêmes hésitations que moi.
À terme, je vais packager le parcours complet — du choix du nom au premier client, en passant par les statuts, les outils, les devis, la prospection — dans un guide pas à pas. Si tu veux être prévenu quand il sort, le formulaire d'inscription arrive bientôt sur le site.
D'ici là, le prochain article : comment je suis passé de "je fais tout pour tout le monde" à une offre claire en trois forfaits. Et ce que ça veut vraiment dire de fixer ses prix quand on démarre.
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